# Que couvre l’assurance en cas de déflagration accidentelle ?

La déflagration accidentelle constitue l’un des événements les plus redoutés dans un logement. Ce phénomène de combustion rapide, souvent lié à une fuite de gaz ou à l’embrasement soudain de vapeurs inflammables, peut causer des dégâts considérables en quelques secondes. Contrairement à une explosion classique, la déflagration se caractérise par une vitesse de propagation inférieure à celle du son, mais ses conséquences n’en demeurent pas moins dévastatrices pour votre habitation et vos biens. En France, on recense chaque année plusieurs centaines de sinistres liés à des déflagrations domestiques, impliquant principalement des installations de gaz naturel ou des produits inflammables mal entreposés. Comprendre précisément ce que votre contrat d’assurance habitation couvre en cas de déflagration s’avère donc essentiel pour anticiper les démarches et connaître vos droits en matière d’indemnisation.

Définition juridique de la déflagration accidentelle dans les contrats multirisques habitation

La déflagration accidentelle fait l’objet d’une définition précise dans le cadre des contrats d’assurance multirisques habitation (MRH). Cette clarification juridique permet de déterminer avec exactitude les situations couvertes et d’éviter toute ambiguïté lors de la déclaration d’un sinistre. Les assureurs s’appuient sur des critères techniques et des références normatives pour qualifier un événement de déflagration.

Distinction entre déflagration, explosion et implosion selon le code des assurances

Le Code des assurances établit une différenciation fondamentale entre trois phénomènes souvent confondus. L’explosion se caractérise par une libération brutale d’énergie avec une onde de choc supersonique, tandis que la déflagration correspond à une combustion rapide se propageant à une vitesse subsonique, généralement inférieure à 340 mètres par seconde. L’implosion, quant à elle, désigne un effondrement vers l’intérieur sous l’effet d’une dépression. Cette distinction technique influence directement la nature de la garantie mobilisée et les modalités d’expertise. Dans la pratique, les contrats MRH regroupent souvent ces trois phénomènes sous une même garantie « incendie et explosion », qui englobe automatiquement la déflagration accidentelle. Selon les statistiques de la Fédération Française de l’Assurance, environ 2 300 sinistres liés à des déflagrations de gaz sont déclarés annuellement en France, représentant un coût moyen d’indemnisation de 45 000 euros par dossier.

Critères de reconnaissance d’un sinistre par déflagration : combustion rapide sans onde de choc

Pour qu’un sinistre soit juridiquement qualifié de déflagration, plusieurs critères doivent être réunis. La combustion doit présenter un caractère soudain et imprévisible, avec une propagation rapide des flammes ou du souffle dans un espace confiné. L’absence d’onde de choc supersonique distingue la déflagration de l’explosion au sens strict, même si les dégâts peuvent être comparables. Les experts en sinistres analysent systématiquement les traces laissées par l’événement : noircissement des surfaces, déformation des structures métalliques, orientation des débris et témoignages des occupants. La température atteinte lors de la déflagration, généralement comprise entre 1 200 et 1 800 degrés Celsius pour une déflagration de gaz naturel, constitue également un indicateur déterminant. Les rapports d’intervention des services de secours jouent un rôle crucial dans cette qualification, car

les pompiers décrivent la cinétique de l’événement (bruit, flammes, souffle) et relèvent d’éventuelles anomalies sur l’installation de gaz ou électrique. C’est l’ensemble de ces éléments techniques qui permet à l’assureur de mobiliser la bonne garantie – le plus souvent la garantie incendie – explosion – déflagration intégrée à votre assurance habitation.

Exclusion de la déflagration intentionnelle et des actes de malveillance

Les contrats multirisques habitation couvrent uniquement la déflagration accidentelle. Dès lors que l’événement résulte d’un acte volontaire, d’un sabotage ou d’une tentative de fraude à l’assurance, la garantie est en principe exclue. Le Code des assurances (article L113‑1) autorise en effet l’assureur à refuser sa garantie en cas de faute intentionnelle de l’assuré ou de l’un de ses proches.

Concrètement, une déflagration provoquée pour dissimuler un cambriolage, détruire des preuves ou obtenir une indemnisation sera analysée comme un acte de malveillance, et non comme un sinistre aléatoire. L’assureur pourra alors déposer plainte, solliciter une expertise pénale et se constituer partie civile pour récupérer les sommes éventuellement versées. En revanche, si la déflagration résulte d’une négligence ou d’une erreur non intentionnelle (oubli de fermer une bouteille de gaz, mauvais stockage de solvants), la garantie incendie–explosion reste mobilisable, sous réserve des autres clauses du contrat.

Cas particulier des déflagrations liées aux installations de gaz naturel et GPL

Les sinistres de déflagration les plus fréquents concernent les installations de gaz naturel (réseau de ville) et de GPL (butane, propane en bouteille ou en cuve). Dans ce contexte, les assureurs examinent en priorité la conformité de l’installation aux normes en vigueur (norme NF DTU 61.1, certificats de conformité délivrés par un organisme agréé type Qualigaz, entretien annuel de la chaudière, etc.). Une installation récente, entretenue et conforme milite en faveur d’une prise en charge complète au titre de la garantie incendie–explosion.

En cas de déflagration liée à une canalisation de gaz défectueuse ou à un appareil mal installé, la responsabilité d’un tiers (plombier, chauffagiste, bailleur) peut être engagée. Votre assurance habitation vous indemnisera d’abord dans le cadre de la garantie dommages, puis exercera un recours contre le professionnel ou son assureur. À noter : les bouteilles de GPL doivent être stockées et utilisées selon des règles strictes (position verticale, ventilation suffisante). Un non‑respect caractérisé de ces consignes peut conduire à une réduction d’indemnité si l’assureur parvient à démontrer une négligence grave de votre part.

Périmètre de couverture des dommages matériels causés par déflagration

Lorsqu’une déflagration accidentelle survient dans votre logement, l’assurance habitation intervient à plusieurs niveaux : le bâti (structure de la maison ou de l’appartement), les équipements (chauffage, électroménager, réseau électrique) et les biens mobiliers (meubles, vêtements, appareils électroniques). Le périmètre exact de la couverture dépend des garanties souscrites, mais les contrats MRH standard offrent déjà une protection large, comparable à celle prévue pour un incendie classique.

Indemnisation des dégâts structurels du bâti : murs porteurs, charpente et toiture

La déflagration accidentelle peut fissurer des murs porteurs, désolidariser des planchers ou soulever partiellement une toiture, même en l’absence d’explosion au sens strict. Dans ces situations, la garantie incendie–explosion de votre contrat multirisques habitation couvre en principe les dommages structurels subis par le bâti : maçonnerie, charpente, plafonds, cloisons, huisseries, vitres et parfois vérandas, selon ce qui est déclaré au contrat.

L’indemnisation des dommages au bâti est généralement calculée sur la base de la valeur de reconstruction, avec application d’un coefficient de vétusté si la garantie « valeur à neuf » n’a pas été souscrite. L’expert mandaté par l’assureur se réfère à des barèmes de coût au mètre carré pour chiffrer les travaux de démolition, déblaiement et reconstruction. Si la déflagration a fragilisé la structure au point de rendre les lieux inhabitables, certains contrats prévoient aussi la prise en charge temporaire de frais de relogement (hôtel, location meublée), dans la limite d’un plafond et d’une durée fixés aux conditions particulières.

Prise en charge des équipements endommagés : électroménager, chauffage et VMC

En plus des dégâts sur le bâti, la déflagration peut détériorer de nombreux équipements : chaudière, radiateurs, VMC, plaques de cuisson, réfrigérateur, lave‑linge, mais aussi installation électrique (tableau, prises, câbles). La plupart des contrats d’assurance habitation couvrent ces éléments au titre des biens mobiliers ou des équipements indissociables du bâtiment, selon leur mode de fixation.

Le niveau d’indemnisation dépend du type de garantie souscrite. Avec une garantie de base, l’assureur applique un abattement pour vétusté, surtout sur les équipements à forte obsolescence comme l’électroménager ou l’informatique. En présence d’une option « valeur à neuf » ou « équipements électroménagers renforcés », le remboursement peut s’effectuer sur la base du prix d’achat ou d’un modèle équivalent récent, dans la limite d’un plafond global. Pensez à conserver factures et garanties : elles facilitent grandement la reconstitution de la valeur de vos équipements après un sinistre par déflagration.

Couverture des biens mobiliers et effets personnels détruits par le souffle

Le souffle d’une déflagration accidentelle peut renverser des meubles, briser des vitrines, projeter des objets ou brûler textiles et effets personnels. La garantie incendie–explosion de l’assurance habitation couvre en principe l’ensemble de ces biens mobiliers : ameublement, décoration, vêtements, literie, appareils multimédia, livres, etc. Seuls certains objets spécifiques (bijoux, œuvres d’art, collections) peuvent être soumis à des plafonds particuliers ou exiger une déclaration séparée.

L’indemnisation se fait alors sur la base de l’état estimatif des pertes fourni par l’assuré, complété par les éléments de preuve disponibles (photos avant sinistre, factures, certificats). Comme pour tout sinistre habitation, la sous‑assurance peut jouer : si vous avez déclaré une valeur insuffisante pour vos biens mobiliers, l’indemnité sera réduite proportionnellement. D’où l’importance de réactualiser régulièrement la valeur de votre contenu, surtout si vous avez récemment acquis du mobilier ou du matériel coûteux.

Garantie des dommages indirects : suie, fumée et propagation du feu

Une déflagration accidentelle s’accompagne fréquemment de dégagements de fumée, de dépôts de suie et parfois du déclenchement d’un incendie secondaire. Ces dommages dits « indirects » – murs noircis, plafonds encrassés, odeurs persistantes, corrosion de certains matériaux – sont pris en charge au même titre que les dégâts directement causés par la déflagration, dès lors qu’ils sont consécutifs à l’événement garanti.

Les travaux couverts peuvent inclure le lessivage et la remise en peinture des murs, le remplacement de revêtements de sol, le nettoyage spécialisé de textiles (rideaux, tapis, canapés) ou encore la décontamination de pièces très touchées. Certains contrats prévoient également le remboursement de frais annexes comme le nettoyage de la vaisselle, la remise en état d’appareils électroniques endommagés par les fumées ou le stockage temporaire de vos meubles pendant les travaux. Là encore, tout repose sur une bonne documentation des dommages et sur un échange précis avec l’expert mandaté.

Responsabilité civile et recours des tiers en cas de déflagration

Au‑delà de vos propres dommages matériels, une déflagration accidentelle peut affecter vos voisins, les parties communes de l’immeuble ou des passants. Dans ce cas, entre en jeu un autre volet essentiel de l’assurance habitation : la responsabilité civile. Elle permet de prendre en charge les préjudices causés à des tiers lorsque votre responsabilité, ou celle d’un membre de votre foyer, est engagée.

Activation de la garantie responsabilité civile vie privée pour les dommages aux voisins

Si la déflagration prend naissance dans votre logement et se propage à un appartement voisin, une maison attenante ou aux parties communes, c’est en principe votre garantie responsabilité civile vie privée qui indemnisera les victimes. Cette garantie est incluse dans la quasi‑totalité des contrats multirisques habitation, avec des plafonds d’indemnisation souvent élevés (plusieurs millions d’euros) pour couvrir les dégâts matériels, mais aussi les dommages corporels éventuels.

Dans la pratique, après la déclaration du sinistre par chaque occupant, les assureurs s’appuient sur les règles de responsabilité civile et, le cas échéant, sur la convention IRSI (pour les petits sinistres en immeuble) pour déterminer qui indemnise quoi. Vous n’avez pas à avancer personnellement les fonds pour réparer le logement du voisin : votre assureur prend le relais, sauf hypothèse de faute intentionnelle. Il pourra ensuite, si nécessaire, rechercher les responsabilités en amont (installateur, bailleur, fournisseur d’énergie).

Mécanisme de subrogation de l’assureur contre les entreprises installatrices défaillantes

Lorsque la déflagration accidentelle résulte d’une malfaçon ou d’un défaut de conformité d’une installation de gaz, de chauffage ou de ventilation, l’assureur qui vous indemnise dispose d’un droit de subrogation. Cela signifie qu’il peut se retourner, en votre nom, contre le professionnel responsable (artisan, entreprise d’installation, bureau d’études) ou contre son assureur en responsabilité civile décennale ou professionnelle.

Ce mécanisme présente un double avantage : il vous garantit une indemnisation rapide, sans attendre l’issue d’un éventuel procès contre l’installateur, et il favorise la prise en charge finale du coût du sinistre par le véritable responsable. Pour que ce recours soit efficace, il est crucial de conserver vos factures d’installation, attestations de conformité, contrats de maintenance et échanges écrits avec les professionnels intervenus sur votre installation de gaz ou de chauffage. Ces documents constituent autant de preuves exploitables par l’assureur pour établir une faute technique.

Protection juridique incluse pour la défense en cas de mise en cause pénale

Après une déflagration de gaz ou de vapeurs inflammables, il n’est pas rare que les autorités ouvrent une enquête et que le procureur de la République recherche d’éventuelles responsabilités pénales (mise en danger d’autrui, blessures involontaires, non‑respect des obligations de sécurité). Dans ce contexte, la présence d’une garantie protection juridique, parfois incluse ou optionnelle dans votre assurance habitation, peut s’avérer précieuse.

Cette garantie prend en charge, dans certaines limites, les honoraires d’avocat, les frais d’expertise contradictoire et l’assistance dans les démarches judiciaires. Elle vous permet d’être conseillé sur votre positionnement vis‑à‑vis des enquêteurs, sur l’attitude à adopter lors d’une garde à vue éventuelle, ou encore sur les possibilités de recours contre un tiers responsable. Vérifiez donc si votre contrat inclut une protection juridique dédiée aux litiges liés aux sinistres habitation, et le cas échéant, les plafonds et exclusions applicables.

Sources fréquentes de déflagration couvertes par l’assurance habitation

On associe spontanément la déflagration aux fuites de gaz domestique, mais d’autres sources moins connues peuvent provoquer des phénomènes similaires. Les assureurs et les experts incendie recensent chaque année des sinistres liés aux vapeurs de solvants, aux poussières combustibles ou encore à certains aérosols sous pression. Comprendre ces scénarios concrets vous aide à mieux prévenir le risque… et à vérifier que votre assurance habitation vous couvre correctement.

Déflagration de gaz domestique : fuite sur chaudière, gazinière ou bouteille de propane

La situation la plus classique reste celle d’une fuite de gaz dans la cuisine ou la chaufferie : flexible usé, raccord mal serré, brûleur mal éteint, bouteille de propane stockée dans un local mal ventilé. Une simple étincelle (allumette, interrupteur, thermostat) suffit alors à déclencher une combustion rapide du mélange air–gaz, générant un souffle destructeur.

Dans ce cas, la déflagration est en principe couverte par la garantie incendie–explosion de votre assurance habitation, qu’il s’agisse d’un logement principal ou secondaire. La prise en charge portera sur le bâti, les équipements et le mobilier, comme indiqué plus haut, sous réserve du respect de vos obligations d’entretien (ramonage, contrôle de la chaudière, remplacement périodique des flexibles). Pour limiter ce risque, l’installation de détecteurs de gaz et la fermeture systématique des vannes après usage constituent des réflexes simples mais essentiels.

Combustion explosive de vapeurs inflammables : solvants, white-spirit et produits ménagers

Une autre cause, plus insidieuse, de déflagration accidentelle réside dans l’accumulation de vapeurs inflammables : white‑spirit, essence de bricolage, diluants, colles, peintures, produits ménagers concentrés. Stockés dans un garage, une cave ou un atelier peu ventilé, ces produits peuvent dégager des vapeurs lourdes qui s’accumulent au ras du sol. Un allumage intempestif (bricolage avec une meuleuse, flamme nue, allumage de chaudière) peut alors provoquer une combustion rapide de ces gaz.

La plupart des contrats d’assurance habitation couvrent ces sinistres au titre de la garantie incendie–explosion, dès lors que les produits étaient entreposés pour un usage domestique normal et en quantité raisonnable. En revanche, si vous stockez de grandes quantités de solvants ou de carburants pour une activité professionnelle ou para‑professionnelle, l’assureur pourra considérer qu’il s’agit d’un usage non déclaré et restreindre sa garantie. Là encore, le bon sens prime : éviter les amas de produits inflammables, ventiler les locaux et tenir les sources de chaleur à distance réduit très nettement le risque de déflagration.

Déflagration de poussières combustibles dans les espaces confinés

On y pense peu, mais certaines poussières fines (farine, sciure de bois, sucre, café moulu, poudre de lait) sont hautement combustibles lorsqu’elles sont en suspension dans l’air. Dans un atelier de bricolage, un cellier ou un petit local de stockage, une concentration importante de poussières combinée à une source d’ignition (étincelle d’outil, court‑circuit, flamme) peut déclencher une déflagration comparable à celle d’un gaz.

Les dommages consécutifs à ce type d’événement restent couverts par l’assurance habitation au titre de la garantie incendie–explosion, sous réserve qu’il s’agisse d’un usage domestique et non industriel. D’un point de vue prévention, un nettoyage régulier des surfaces, l’aspiration des poussières plutôt que le balayage à sec, et une ventilation suffisante des pièces de stockage constituent des mesures simples pour limiter ce risque encore méconnu.

Embrasement soudain de matériaux pyrophoriques ou aérosols sous pression

Certaines substances ou objets présents dans nos logements présentent un comportement pyrophorique ou une forte sensibilité à la chaleur : charbons actifs imbibés de solvants, chiffons imbibés d’huile de lin, aérosols de peinture ou de dégrippant stockés près d’une source de chaleur. Une montée en température progressive peut conduire à un embrasement soudain et, dans un local fermé, à une déflagration accidentelle.

La plupart des polices MRH couvrent ces sinistres tant qu’ils restent dans le cadre d’un usage domestique normal. Toutefois, en cas de stockage massif d’aérosols ou de produits pyrotechniques (pétards, feux d’artifice) en contradiction avec les consignes de sécurité ou les réglementations locales, l’assureur pourrait invoquer une aggravation de risque non déclarée. Là encore, ranger les aérosols à l’abri de la chaleur, ne pas entreposer de produits inflammables à proximité des chaudières ou des poêles, et éliminer correctement les chiffons imbibés d’huile sont des gestes simples qui réduisent considérablement la probabilité de déflagration.

Procédure de déclaration et expertise après une déflagration accidentelle

Lorsque survient une déflagration accidentelle, le premier réflexe doit bien sûr être la mise en sécurité des personnes : évacuation, appel des secours, coupure des énergies. Une fois l’urgence passée, la démarche auprès de votre assurance habitation devient le fil conducteur de votre indemnisation. Le respect des délais et la qualité de votre dossier auront un impact direct sur la rapidité et le montant de votre remboursement.

Délai légal de déclaration de sinistre : 5 jours ouvrés selon l’article L113-2

L’article L113‑2 du Code des assurances impose à l’assuré de déclarer tout sinistre à son assureur dans un délai maximal de cinq jours ouvrés à compter du moment où il en a eu connaissance. Ce délai, qui court en pratique à partir de la date de la déflagration, peut être porté à dix jours en cas de catastrophe naturelle, mais jamais réduit par le contrat.

La déclaration peut être réalisée par téléphone, par e‑mail, via l’espace client en ligne ou par courrier recommandé. Il est recommandé de préciser immédiatement la nature de l’événement (déflagration de gaz, embrasement de vapeurs, etc.), la date, le lieu, une description sommaire des dommages et vos coordonnées complètes. Même si vous pensez avoir dépassé le délai, effectuez tout de même la déclaration : l’assureur ne pourra refuser sa garantie pour ce seul motif que s’il démontre que le retard lui a causé un préjudice réel, par exemple en empêchant l’expertise.

Mission de l’expert d’assurance : détermination de l’origine et évaluation des préjudices

Pour un sinistre important par déflagration, l’assureur mandate presque systématiquement un expert d’assurance. Sa mission est double : déterminer l’origine probable de l’événement (fuite de gaz, appareil défectueux, erreur humaine, malveillance) et chiffrer l’ensemble des préjudices indemnisables (bâti, équipements, mobilier, pertes annexes). L’expert se rend sur place, interroge les occupants, consulte le rapport des pompiers et analyse les vestiges de l’installation.

Pour préparer sa visite, conservez toutes les pièces endommagées, même si elles semblent irrécupérables, et évitez de lancer des réparations définitives sans accord préalable. Vous pouvez toutefois prendre des mesures conservatoires (bâchage, condamnation d’une baie, mise en sécurité électrique) pour éviter l’aggravation des dégâts. Si le chiffrage proposé par l’expert vous paraît insuffisant, vous avez la possibilité de mandater un expert d’assuré pour une contre‑expertise, dont les frais restent en principe à votre charge, sauf clause particulière de prise en charge partielle par l’assureur.

Constitution du dossier : rapport de pompiers, photos et devis de réparation

Un dossier solide est un peu comme un puzzle bien ordonné : plus les pièces sont nombreuses et cohérentes, plus l’indemnisation est fluide. Après une déflagration accidentelle, pensez à demander une copie du rapport d’intervention des sapeurs‑pompiers, qui décrit les circonstances, le lieu d’origine présumé du sinistre et les premières constatations techniques. Ce document a un poids important dans l’appréciation du caractère accidentel et dans la qualification de déflagration ou d’explosion.

Complétez ensuite votre dossier avec des photos ou vidéos des dégâts juste après l’événement, avant tout nettoyage, ainsi qu’avec des devis de réparation établis par des artisans pour le bâti, les menuiseries, la plomberie, l’électricité ou la peinture. Rassemblez également les factures d’achat de vos équipements et de votre mobilier. Une fois ces éléments transmis, l’assureur pourra, selon les termes du contrat, verser une provision puis le solde de l’indemnité dans un délai généralement compris entre un et trois mois, sauf cas complexes.

Limites contractuelles et exclusions spécifiques à la garantie déflagration

Comme toute garantie d’assurance, la couverture des déflagrations accidentelles n’est ni illimitée ni inconditionnelle. Les contrats multirisques habitation prévoient des franchises, des plafonds et des exclusions destinés à encadrer le risque. Les connaître à l’avance permet d’éviter les mauvaises surprises le jour où un sinistre survient.

Franchise applicable et plafonds d’indemnisation selon les contrats MRH standard

La plupart des contrats MRH prévoient une franchise fixe pour les sinistres relevant de la garantie incendie–explosion–déflagration, souvent comprise entre 150 et 400 euros. Concrètement, ce montant reste à votre charge et vient en déduction de l’indemnité calculée par l’assureur. Certains contrats haut de gamme proposent des franchises réduites, voire nulles, moyennant une prime plus élevée.

Des plafonds d’indemnisation peuvent également s’appliquer, surtout pour les biens mobiliers, les équipements électroniques, les objets de valeur ou les frais annexes (relogement, déblaiement, nettoyage spécialisé). Par exemple, un contrat peut limiter à 5 000 euros l’indemnisation des appareils électroménagers ou à 20 000 euros celle des bijoux, même si leur valeur réelle est supérieure. D’où l’importance d’ajuster régulièrement vos capitaux assurés et de souscrire, si nécessaire, des options spécifiques pour les catégories de biens les plus sensibles.

Exclusion des déflagrations liées à des installations non conformes aux normes NF DTU

Un point souvent méconnu concerne la conformité des installations (gaz, chauffage, ventilation) aux normes françaises, notamment les normes NF DTU applicables. De nombreux contrats prévoient en effet une exclusion ou une limitation de garantie si la déflagration est directement liée à une installation manifestement non conforme, bricolée ou modifiée sans respecter les règles de l’art.

Par exemple, un raccordement sauvage d’une gazinière au réseau, l’utilisation de flexibles non certifiés ou le détournement d’un appareil prévu pour l’extérieur peuvent être considérés comme des aggravations de risque non déclarées. Dans ce cas, l’assureur peut réduire l’indemnité, voire refuser la prise en charge des dommages. Pour vous prémunir contre cette situation, faites systématiquement intervenir des professionnels qualifiés, exigez des certificats de conformité et conservez‑les précieusement avec vos documents d’assurance.

Non-couverture des dommages causés par négligence grave ou défaut d’entretien attesté

Enfin, la plupart des assureurs se réservent le droit de limiter ou de refuser leur intervention en cas de négligence grave ou de défaut d’entretien avéré. Il ne s’agit pas de sanctionner la simple étourderie du quotidien, mais des comportements qui témoignent d’un mépris manifeste des règles de sécurité : absence totale d’entretien de chaudière pendant de longues années, non‑respect répété des obligations de ramonage, stockage massif de bonbonnes de gaz dans un local fermé, etc.

Si l’expertise conclut que la déflagration accidentelle a pour cause directe un défaut d’entretien que vous ne pouviez ignorer, l’assureur peut invoquer cette clause pour réduire l’indemnisation. L’analogie avec la conduite automobile est parlante : rouler avec des freins usés depuis des années et provoquer un accident n’est pas jugé de la même manière qu’une simple erreur de trajectoire. Pour rester pleinement couvert, mieux vaut donc respecter les consignes d’entretien prévues par la loi et par votre contrat, et conserver toutes les attestations de passage des professionnels (ramonage, maintenance de chaudière, contrôle de l’installation de gaz).